Phobie scolaire : Qu’est-ce que c’est et comment y remédier ?

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L’institut de lutte contre la Phobie scolaire répond à toutes vos questions sur Ohbebe.net

Votre enfant ressent une anxiété profonde vis-à-vis de l’école ? N’ayez crainte ! La phobie scolaire touche environ 3 % des 13 millions d’élèves en France.

Cette peur, diagnostiquée en tant que maladie psychologique, véhicule de nombreuses incompréhensions. Elle est impartiale et peut toucher n’importe quel enfant. Mais quelle est vraiment sa nature ? Quels sont ses symptômes ? Comment y remédier ? Le tout en 5 points !

sad children hugging his mother

Définition de la phobie scolaire

La phobie scolaire se traduit littéralement par une peur de l’école. Son appellation est sujette à débat. En effet, ses causes sont si nombreuses qu’on lui préfère le terme de « refus scolaire ».

Le pédopsychiatre Julian de Ajurriaguerra définit ce mal-être psychologique comme suit : « Il s’agit d’enfants, qui pour des raisons irrationnelles, refusent d’aller à l’école et résistent avec des réactions d’anxiété très vives ou de panique quand on essaie de les y forcer ».

Ce trouble est complexe, dans le sens où l’enfant développe une frayeur vis-à-vis de ce que lui évoque personnellement l’école, et non de ce qu’elle peut offrir. La connaissance l’anime mais la perspective d’apprentissage dans un lieu scolaire le terrorise. Comme un caprice virulent, l’enfant va entrer dans des crises de panique jusqu’à être assuré de ne pas y aller.

Face à une hantise et une crainte aussi répulsives et irrationnelles, les parents sont bien souvent démunis et aggravent la situation. Affronter le mal par la racine s’avère efficace pour certains maux. Or, la phobie scolaire exigera d’abord une consultation chez un pédopsychiatre pour déceler les problèmes et les solutions avant d’affronter le problème avec douceur.

La phobie scolaire : les causes qui la font apparaître

L’enfant est un être sensible en constante évolution. Nous avons tous en tête le souvenir d’une mère accompagnant son enfant à la grille de l’école au premier jour. Ce dernier pleure des larmes de crocodile et coule du nez, ce qui fait revenir sa maman dans ses bras. Puis les activités commencent, et le petit bout de chou est tellement captivé qu’il en oublierait presque d’avoir une mère.

Pour les enfants atteints de phobie scolaire, il n’est même pas question de passer le pas de la porte. Deux étapes sont fortement liées à l’apparition du problème : le premier contact avec l’école aux alentours de 6 ans dans la classe de CP, et bien évidemment l’entrée dans l’adolescence avec le collège en 6ème.

Ses deux étapes marquent un profond changement psychologique chez votre enfant. À 6 ans, la rupture avec le jardin d’enfants est brutale. Il lui faut entrer dans un univers plus sérieux. Cette transition est la moins évidente et se base sur des considérations purement psychologiques. L’entrée au collège, elle, se fait également dans un cadre physiologique. L’enfant est plus mature et développe un esprit critique sur lui-même. Son environnement l’impressionne et son corps change. Cela peut influer sur sa vision de l’école.

À partir de ses deux composantes, nous pouvons dresser une liste non-exhaustive des causes de la phobie scolaire chez ces enfants :

  • La peur de la séparation : Il s’agit de la cause courante de la phobie scolaire. Nous vous avions dit de ne pas trop gâter votre bambin ! Plus sérieusement, la séparation est une étape incontournable de l’enfance. Elle se traduit par deux étapes clés : la rupture avec le domicile, lieu familier et rassurant, et la rupture avec les parents. Cette dernière est bien évidemment momentanée, mais l’enfant, empêtré dans ses réflexions houleuses, développe une frayeur de l’abandon. Couper le cordon est toujours difficile, et l’enfant doit affronter sa première épreuve dans cette jungle qu’est la vie quotidienne.
  • La peur de l’école : Nous parlerons ici de l’institution scolaire et de ses représentants directs. En plus de devoir développer ses compétences, de devoir apprendre à lire, bref, de travailler, ce qui n’est pas amusant, l’enfant fait face à une figure allégorique nouvelle : l’éducation nationale. Aux allures de prison avec ses portails et ses salles aux budgets réduits, les écoles n’enchantent guère les enfants. Plus encore, la figure éducative du professeur, qui se doit d’être autoritaire et neutre, impressionne ce dernier voire l’effraye. Deux raisons qui peuvent pousser l’enfant fragile mentalement à ne pas y retourner.
  • L’échec scolaire : La peur d’échouer dans cette nouvelle vie fait reculer l’enfant. Il associe ses mauvaises notes à l’institution éducative. Ainsi, l’image de l’école lui est insoutenable et il ne veut plus y retourner de peur de subir de nouveaux échecs cuisants.
  • La peur des autres : Avec ses complexes et sa timidité, l’enfant peut attirer la méchanceté d’autres élèves malintentionnés. Le regard qu’il pose sur lui et celui que les autres lui donnent font naître dans son esprit un mur de protection. Mais ce dernier est utile que s’il ne retourne pas sur les lieux de sa hantise.
  • Les troubles du sommeil : L’insomnie est souvent éludée dans la phobie scolaire. Pourtant, l’enfant est parfois touché par ce mal. Ses nuits sont parasitées par des rêves associés à l’école. Plus rare, c’est son manque de sommeil qui le pousse à vouloir rester chez lui.
  • La dépression : L’enfant ressent une incomplétude en son for intérieur. Il ne trouve pas sa place et ne s’épanouit pas à l’école. Il est incompatible avec le système. Qu’il ait des facilités ou non, il préfère un apprentissage plus malléable et hors des sentiers battus. On retrouvera ici le fameux cas de l’école à domicile.

La phobie scolaire déploie des causes diverses et parfois difficiles à déceler. Une écoute particulière de votre enfant et de la patience seront nécessaires.

La phobie scolaire et ses symptômes

La phobie scolaire est facilement décelable chez l’enfant. En voici les symptômes caractéristiques :

  • Le refus de quitter le domicile : L’enfant rejette catégoriquement la rupture avec le foyer pour l’échanger contre l’école le temps d’une journée. Ce symptôme commun est un signe évident.
  • Un absentéisme sans compromis : L’enfant ne fait aucune exception peu importe les arguments avancés par les parents. L’école est un lieu de répulsion qu’il ne veut pas affronter. Nous sommes presque dans le déni de réalité.
  • Une sensibilité exacerbée : Sur le sujet de l’école, l’enfant demeure hautement irritable. À l’instar d’un adolescent en perpétuelle crise existentielle, il ne cessera d’osciller entre crises virulentes et périodes d’anxiété traduisibles par un mutisme total.
  • Un comportement normal : Hormis l’école, l’enfant s’adonne à ses activités normalement. L’envie d’apprendre est même normale chez lui, tant que cela n’implique pas sa némésis sous la forme d’un bâtiment qui sonne toutes les heures.
  • Une transparence vis-à-vis des parents : Contrairement à l’école buissonnière qui traduit une névrose personnelle ou un caractère déviant motivé par un effet de groupe, l’enfant atteint de phobie scolaire ne le cache pas à ses parents. Il le leur rappelle constamment. C’est en soi un appel à l’aide, un cri qui traduit son mal-être.
  • Un renfermement dans les loisirs : L’enfant se crée une bulle de protection à l’aide de mondes fictifs. Cela passe par des dépendances vis-à-vis d’activités récréatives qui le font s’évader et le réconfortent. Ainsi, il ne pense plus à l’école et à l’éventualité d’y retourner. On retrouvera ici principalement les jeux-vidéo mais également tout autre divertissement susceptible de divertir, comme la lecture, le dessin, etc..

Si les symptômes de la phobie scolaire sont évidents, il est bon de rappeler qu’ils ne sont en aucun cas un signe de perdition de la part de votre enfant. Ce dernier peut manifester une créativité totale qui est essentielle à son bien-être tout en étant incompatible avec l’école. Chaque cas est unique. Soyez attentifs et pensez d’abord à ce qui est bénéfique pour votre enfant !

Y a-t-il des traitements contre la phobie scolaire ?

Comme tout problème psychologique, il n’existe aucun médicament miracle contre la phobie scolaire. Le processus peut s’avérer fastidieux et long. Nous notons un succès de 50 % en moyenne pour la réinsertion des enfants en classe de collège. De nombreux paramètres peuvent améliorer ou aggraver leur situation. Les cas de familles nombreuses et de divorces sont à prendre en compte. L’environnement de l’enfant joue un rôle important sur son évolution psychologique.

Il est possible d’envisager une psychothérapie individuelle pour l’enfant. Malgré son caractère convaincant, elle n’aboutit pas nécessairement à un succès. Des évènements comme un changement de vie sont parfois bien plus efficaces. Comme il s’agit de cas par cas, nous pouvons néanmoins assumer qu’il est recommandé de considérer le problème le plus tôt possible.

Votre enfant sera alors concerné par une de ces trois finalités :

  • Un rétablissement net et sans séquelles. Nous parlons d’une période de phobie scolaire qui s’apparentait plutôt à une anxiété passagère plus conséquente que la normale.
  • Un rétablissement partiel qui laissera des traces futures comme une vie marginale ou des difficultés d’intégration professionnelles et sociales.
  • Une aggravation vers des troubles psychologiques permanents traduisibles par des cas de dépression ou d’anxiété profonde.

La phobie scolaire est une maladie qui peut s’étendre drastiquement ou s’estomper avec le temps. Malgré une pression sociale, il existe des chemins différents que votre enfant pourra prendre pour s’épanouir et contourner son problème en cas d’absence d’amélioration. De plus en plus de familles décident d’éduquer eux-mêmes leurs enfants ou de faire appel à des professeurs à domicile. Prenez le temps d’étudier à votre tour le problème de votre enfant pour lui assurer un équilibre mental propice à son épanouissement. Alors, n’en voulez plus à ce sacré Charlemagne d’avoir inventé l’école !

À propos de l'auteur

Maria

Maria

5 Commentaires

  • Bonjour,
    D’abord merci pour votre action de prévention autour du harcèlement scolaire.
    Je vous contacte aujourd’hui afin de vous laisser le lien vers un court-métrage que vous allez adorer… comme il l’est actuellement jusqu’aux plus hauts sommets de l’Etat. J’en suis le réalisateur et il a fait le buzz sur Facebook (3 millions de vues à partir d’un autre lien). Je me dis qu’il pourrait vous être utile. 4 autres clips sont également disponibles. Les liens YOUTUBE vous sont fournis dans la description. Ces films seront montrés aux écoles prochainement.
    Je vous souhaite une excellente soirée !
    Avec toute ma considération,
    Guillaume Contival, réalisateur des cinq clips VICTIME DE HARCELEMENT.
    https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2178917255537858&id=100002588140375

  • bonjour
    malheureusement je ne suis pas un enfant , j’ai 23 ans et je souffre de la phobie scolaire depuis 8 ans , et là je vois que j ai raté plusieurs occasion à cause de cette phobie j ai choisi une formation à distance juste pour ne pas confronter les gens svppppp aidez moi si c est possible

  • Bonjour,

    j’ai une petite question. Pour un enseignement à domicile, est ce que les frais sont à la charge des parents ou il y a une possibilité de prise en charge si l’enfant a le 100% pour cette phobie scolaire? ou une prise en charge par l’éducation nationale? mais ça, je n’y crois pas trop.

    Je vous remercie pour cet article

  • Bonjour,
    mon fils de 13 ans souffre de phobie scolaire (peur de la séparation et de vomir). Il est entré en 4ème il y a trois jours et ça se passe très mal pour lui. Bien qu’il soit dans une bonne classe avec ses meilleurs copains il est en souffrance continu! Bien sûr il est également suivi depuis plusieurs mois par une pédo psychiatre et a un traitement à prendre mais les choses ne s’arrangent pas. Je suis désespérée. Je ne sais plus quoi faire et à qui m’adresser!!! pouvez-vous m’aider svp ? MERCI

  • Bonsoir je me retourne vers vous car je suis un peu perdu ma fille qui est entrée au collège lundi à fait jeudi soir une grosse angoisse A ne plus vouloir y aller je lui est parler elle me dit qu’elle se sent seule qu’elle a mal au ventre en entrant au collège qu’elle a toujours envie de pleurer… je ne la reconnais plus elle qui adore tellement l’école c’est une petite fille pleine de vie là je la retrouve souvent dans son lit sous sa couette et dès qu’on se met à parler collège c’est des larmes des cris elle m’explique qu’elle a envie mais cette peur lui gâche son moral… je ne sais plus quoi penser ni faire pour l’aider j’ai meme expliquer que je pouvais la conduire et là laisser manger à la maison sur le coup elle est contente elle se voit déjà la bas puis je la retrouve entrain de pleurer et me dit qu’elle y arrivera pas. C’est tres dure et je ne sais pas ou me retourner la pharmacie m’a prescrit de l’homéopathie qu’elle ete meme contente de prendre mais j’ai l’impression que sa l’aide sur le coup mais que les démons reviennent.

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